Tempête de boulettes du GIEC
Le sommet de Copenhague qui s’est tenu du 7 au 18 décembre 2009 a laissé un gout amer dans la bouche de nombreuses personnes, qu’elles se considèrent ou non comme écologistes. « Bilan décevant, échec, … », sont des mots qui y resteront associés.
Etrangement attisé par l’affaire du « Climategate » apparue un mois seulement avant le début du sommet, et faisant feu de toutes parts depuis, le « climatosceptisme » a aujourd’hui pris une ampleur sans précédent. Un certain nombre de voix s’élèvent pour dénoncer les erreurs commises notamment par le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), vis-à-vis des scénarios de réchauffement climatique présentés dans son dernier rapport datant de 2007.
Il serait bon que les journalistes, malheureusement toujours plus en quête de sensationnel que de rigueur, commencent par présenter quelques faits permettant de recaler les erreurs éventuellement commises dans leur contexte : Le GIEC compile en un rapport d’environ 2000 pages la quasi-totalité des articles scientifiques pertinents publiés depuis l’élaboration du précédent rapport et ayant trait au climat, soit probablement plus de 200 000 pages! Ceci explique la longue période (6 ans) qui sépare la publication de 2 rapports consécutifs. Il semble donc logique que quelques coquilles subsistent dans un travail de cette ampleur. Ces dernières ne remettent en rien en cause le message global (étayé par plusieurs centaines d’analyses) délivré par le rapport: les émissions humaines de gaz à effet de serre devraient, entre autres, induire une hausse de la température moyenne globale de 2 à 4,5ºC en un siècle.
En France, les deux pourfendeurs de la théorie du réchauffement climatique les plus médiatisés sont Claude Allègre et Vincent Courtillot. Si l’on prend le temps d’analyser le discours de chacun d’eux on constatera que :
• Claude Allègre n’a jamais publié ses thèses relatives au climat dans aucune revue scientifique à comité de lecture. Malgré son argumentaire, il appelle quand même à une réduction de 20% des émissions de CO2 sur les vingt prochaines années. Bien que peu ambitieux et insuffisant, nombre d’écologistes seraient très heureux si un tel plan était effectivement mis en œuvre.
• Vincent Courtillot, a publié dans plusieurs revues scientifiques et ses écrits (attribuant l’origine des fluctuations de températures observées à l’activité solaire), sont actuellement fiévreusement débattus. En conclusion de ses interventions, il met en garde contre l’épuisement proche des ressources énergétiques fossiles, et appelle donc également en définitive, comme son compère, à une mutation forte de notre société.
Avant de jeter vos bonnes résolutions avec l’eau du bain, ce que beaucoup de monde semble vouloir faire aujourd’hui (à quoi bon faire des efforts et essayer de changer les choses si les scientifiques se trompent…), il conviendrait de se poser la bonne question : Qu’avons-nous à perdre à prendre un virage vertueux ? Qui a à gagner à ce que nous ne le prenions pas ?
Quelle que soit sa nature (climatique, énergétique, environnemental,…), le virage est bien là devant nous, et même nos climato sceptiques admettent qu’il nous faudra le négocier tôt ou tard.
Un article de Robert Ruscassie, Docteur à l’Université de Montpellier, Maitre de conférence.
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